| serious human rights violations inTunisia | Date: 25-05-2007 |
| Author: CRLDHT | |
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In french DES JOURS DES PLUS ORDINAIRES DANS LA TUNISIE DE BEN ALI A l’approche des grandes vacances d’été et des départs touristiques massifs à l’étranger, le CRLDHT lance une campagne d’information destinée au grand public français et européen, sur la réalité politique tunisienne et les graves violations des droits et des libertés les plus fondamentaux. Conscient que l’appel au boycottage touristique nuit aux centaines de milliers de familles tunisiennes qui vivent grâce au secteur tourisitique, néanmoins, il est important que le touriste étranger qui a choisi la Tunisie pour passer ses vacances connaisse « l’envers du décor » et sache ce qui se cache derrière le beau soleil, les sables fins et les coins les plus prisés du pays…. Pour ce début de campagne, le CRLDHT a décidé de relater tout simplement des faits ordinaires qui ont été enregistrés ces derniers jours dans la Tunisie de BEN ALI. Mort suspecte : M. Aroussi Ben Mohamed Ben Gharssallah, père du jeune Mohamed Gharssallah, de Cherarda, dans le gouvernorat de Kairouan, a contacté le 13 mai 2007 la section kairounaise de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), notamment son président, M. Messaoud Romdhani, pour apporter des faits nouveaux qui mettent en cause le prétendu suicide de son fils Mohamed. Les faits remontent au 14 février 2007, date du décès de la victime devant le palais présidentiel de Carthage, où, lui a-t-on dit, il s’est donné la mort en se brûlant après avoir attendu toute une journée sans parvenir à déposer une plainte écrite adressée au président de la République. Les gardes présidentiels lui ont notifié leur refus de reception de la plainte et lui ont intimé l’ordre de quitter les lieux. Notons que la victime a tout tenté avant de monter à Carthage. En tant que jeune agriculteur, il avait pour ambition de s’occuper des terres agricoles de son père et en améliorer le rendement. Pour cela, il avait besoin d’un crédit. Mais toutes les portes lui sont restées fermées, à commencer par le Ministère de l’Agriculture ou les services régionaux compétents. Aujourd’hui, son père déclare que le cadavre de son fils porte les traces d’un coup mortel sur la tête. L’administration hospitalière a refusé de lui accorder une copie du rapport d’autopsie du médecin légiste. Il a tout essayé auprès des pouvoirs publics pour comprendre les conditions de la mort de son fils. Sans résultat. Arrestations et détentions au secret : Ces derniers jours, plusieurs arrestations de jeunes Tunisiens ont été enregistrées dans la ville de Sejnane, à 70 Km au nord de Bizerte, accompagnées par des descentes policières musclées. Un climat de terreur a été instauré dans toute la ville en violant l’immunité des domiciles et en procédant à des perquisitions menaçantes dans tout le quartier, bouclé et interdit à toute circulation. Le tout accompagné de fouilles systématiques des maisons mises à sac et saisies de livres religieux et littéraires, en vente partout. La police a par ailleurs procédé à l’arrestation de Ramzi Ben Salah Hakiri, 26 ans, unique soutien de sa famille depuis le décès du père. Il a été arrêté par la police de Bizerte le 20 avril 2007, emmené au poste, où mis nu, il a été roué de coups et torturé sur tout son corps et notamment ses organes génitaux…Relâché dans la journée sans papiers d’identité ni aucun autre document, la police de Sejnane lui a ordonné de se rendre à Bizerte pour les récupérer. C’est ce qu’il a fait le 24 avril ; depuis, il n’est pas revenu et personne ne l’a plus revu. Abdelhakim Mcharki a été arrêté le 21 avril 2007 à cinq heures du matin, alors que toute la famille dormait après avoir semé la panique au sein de toute la maison, quatre mois après son mariage. La section de Bizerte de la LTDH a fait part également de la disparition du jeune Khaled Ben Houssine Ouerghi, 21 ans, le 3 mai dernier. Originaire de Sejnane, Khaled est un étudiant à l’Université de Mannouba., disparu de son établissement universitaire. Ses affaires personnelles se sont également évaporées du foyer universitaire de la cité Zouhour où il réside. Le 6 mai au matin, une brigade de policiers en civil s’est rendue au domicile de la famille de l’étudiant, pour fouiller la maison et ordonner le retrait de son passeport. Depuis lors, la famille vit dans l’angoisse totale. Le jeune Issam Azzedine Hannachi, 21 ans, a également disparu depuis le 4 mai dernier. Originaire de Sejnane, il suit une formation professionnelle à Borj Sédria quand la famille perd sa trace. Les postes de police du district de Borj Sédria et le Ministère de l’Intérieur nient le détenir (Voir les deux communiqués de la section de Bizerte de la LTDH). Le mardi 15 mai 2007, un groupe de familles solimanaises publient une déclaration afin d’alerter l’opinion publique sur le cauchemar que vivent la ville et ses habitants depuis les derniers affrontements armés qui ont eu lieu le 3 janvier 2007 et les nombreuses arrestations enregistrées, notamment celles de Oualid Chourabi, technicien, Hassen Chourabi, étudiant en quatrième année de droit, et Abdelhamid Benaïcha, propriétaire d’une cafétéria, arrêtés le 23 avril 2007 ainsi que Mohammed Mehdi Soussi, professeur d’informatique et Chérif Saadani, ouvrier d’usine, arrêtés le 28 avril. Tous ont été tenus au secret, torturés sans autre motif qu’une méprisable délation faite par un père alcoolique suite à un grave différend avec son fils, Oualid Chourabi. Agressions répétées et graves atteintes au droit à l’expression : Le journaliste indépendant Slim Boukhdir a été de nouveau agressé ce mardi 15 mai 2007 à la sortie d’un cybercafé au centre ville de Tunis par un groupe d’inconnus. Quelques jours avant, le 3 mai 2007, journée internationale de la liberté de la presse, M. Boukhdir a été agressé devant le cabinet de l’avocate Maître Radia Nasraoui à Tunis. Il a été pris à partie par des policiers en civil qui lui ont barré la route et maltraité en le traitant de “traître” et d’”espion”. Cette persécution s’explique par l’engagement de ce courageux journaliste pour la cause de l’indépendance de la presse et du droit à la liberté d’expression. Il est l’un des rares journalistes et militants des droits qui continuent à se battre au quotidien pour une information fiable. Victime d’un harcèlement continu, il est surveillé de près dans ses moindres déplacements. Ces dernières agressions surviennent à la suite de la publication d’articles écrits sur la tragédie de la Star Académie qui a causé la mort à sept personnes dans la ville de Sfax, le 30 avril 2007 et sa dénonciation quant à la négligence de l’organisateur du concert qui se trouve être un membre de la famille de Leila Ben Ali, l’épouse du Président. Lelendemain, 16 mai ce fut le tour d’une autre journaliste, Imen Madahi membre de l’équipe télévisée de la nouvelle chaîne privée Hannibal TV depuis novembre 2004 puis licenciée dans des conditions peu recommandables. l’injustice de son renvoi, Mme Madahi doit en endurer une autre. Dix huit mois après son licenciement, elle est poursuivie par le patron de cette chaîne, Arbi Nasra, un proche de la famille du président, pour « diffamation et atteinte à son honneur ».Or personne ne peut comprendre les raisons profondes de cette manipulation judiciaire puisque cette journaliste n’a rien à voir avec l’information publiée sur le journal en ligne Kalima. C’est le journaliste et dirigeant du CNLT Lotfi Hidouri qui a publié l’article en question et exposé les conditions scandaleuses du licenciement de Mme Madahi. La politique de la punition collective à l’encontre des familles des prisonniers politiques et d’opinion Madame Ftima Bouraoui, mère des frères jumeaux prisonniers politiques Oualid et Khaled Layouni,poursuit sa grève de la faim déclenchée depuis le 3 mai 2007 à son domicile situé dans la ville de Kélibia, à près de 120km de la capitale pour dénoncer le sort réservé à ses deux fils : Oualid qui a perdu ses facultés mentales suite aux tortures sauvages et violences répétées qu’il a subies aux centres de détention et à la prison civile de Mornaguia et Khaled à qui on a infligé une correction exemplaire (coups en tout genre, privation de nourriture, de promenade, de lit…) pour faire taire sa famille qui se bat avec un courage exemplaire pour leur élargissement ( Voir les communiqués du CRLDHT du 11 avril et du 05 mai). Depuis plus d’une semaine, son domicile est encerclé par la police du district de Kélibia et l’accès est interdit à tous, y compris à ses occupants comme sa belle-fille Soumeya, épouse de Oualid qui habite sous le même toit. Le 15 mai dernier au soir, Mme Zeïneb Chebli, présidente du comité des mères des victimes de la loi anti terroriste, et mère du prisonnier politique Khaled Arfaoui, s’est déplacée à Kélibia pour manifester son soutien à Mme Ftima et avoir de ses nouvelles. La police politique lui a interdit l’accès et ne connaissant personne, elle a dû passer la nuit dehors, devant la maison. Au petit matin, elle a été contrainte de prendre un louage qui l’a ramenée vers six heures du matin à Tunis…Son avocat, Maître Mohamed Nouri, président de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP), s’est déplacé pour lui rendre visite, en vain. Le lundi 21 mai 2007, se trouvant dans une extrême faiblesse, et refusant d’arrêter sa grève de la faim, Madame Ftima Bouraoui a dû être hospitalisée dans une clinique privée à Kélibia afin de pouvoir bénéficier d’une surveillance médicale constante. Ce même lundi, un comité national de soutien à la famille, constitué de défenseurs de droits humains et demilitants politiques de différentes sensibilités, a été créé. Le but de ce comité est d’œuvrer pour la libération sans délai de Oualid Layouni, afin qu’il puisse se soigner correctement, entouré des siens. Ce cas n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres qui vivent l’arbitraire au quotidien. Des enfants et adolescents en prison, victimes de torture, de conditions humiliantes de détention et de procès iniques. La plupart d’entre eux ont été condamnés à de lourdes peines pour avoir exercé leur liberté de conscience. Les familles, quant à elles, sont en butte à de multiples tracasseries et brimades. Surveillées en permanence, elles sont privées de leurs moindres droits, maltraitées et humiliées quand elles osent s’élever contre l’arbitraire. |
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