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Entretien avec Moataz Elfiegery (CIHRS)
Comment peut-on décrire, en quelques phrases, l’exercice de la liberté d’association en Égypte ?La liberté d’association en Égypte est minée. La société civile est sous le contrôle administratif et sécuritaire du gouvernement. L’indépendance et la liberté des ONG, des partis politiques et des syndicats sont absents et restreints par une série de lois et d’articles totalement contradictoires avec la loi internationale des droits de l’homme. Ces lois sont basées sur un modèle autoritaire.
Quel est le principal point positif dans la situation actuelle ?
Les organisations des droits de l’homme, au niveau local ou international, continuent d’intensifier leur campagne pour promouvoir la liberté d’association en Égypte.
Le principal point négatif ?
Deux organisations des droits de l’homme ont été fermées arbitrairement cette année. Les restrictions et les interventions d’État sur les activités des ONG, leur financement et leur administration, sont quotidiennes. L’Union Européenne, supposée être le principal partenaire de la société civile égyptienne, reste silencieuse sur ces mesures.
Quels sont les principaux obstacles à l’exercice normal de la liberté d’association ?
Le cadre légal est très restrictif. Les pratiques répétées des autorités et les interventions de l’État à l’encontre de nombreuses ONG ne sont pas du tout acceptables. Les activistes de la société civile savent très bien qu’ils sont menacés à tout moment de se retrouver sous le contrôle arbitraire de l’État et des forces de l’ordre.
Quelle est votre opinion personnelle sur l’avenir de la liberté d’association en Égypte ?
À l’heure actuelle, aucun indicateur en Égypte ne montre de volonté politique du gouvernement pour améliorer la liberté d’association, ni même la politique ou les droits civils en général. Cette année a été marquée par une réaction brutale contre le processus de réforme. Un certain nombre de mesures restrictives ont été prises pour museler la société civile et politique, les medias privés, les juges indépendants et les mouvements de protestation. Les informations disponibles indiquent que le gouvernement prépare de nouvelles modifications de la loi sur les associations qui imposera des restrictions sur les ONG. Les ONG internationales devraient soutenir la société civile égyptienne en dénonçant et en dévoilant le fait que de telles procédures sont envisagées. L’Union Européenne devrait rendre prioritaire la liberté d’association dans toute relation politique ou diplomatique avec le gouvernement égyptien. L’UE devrait aussi faire respecter les principes des droits de l’homme tels qu’ils sont stipulés dans le plan d’action PEV (Politique Européenne de Voisinage) adopté en mars 2007.
Moataz Elfegiey es membre du Cairo Institute for Human Rights Studies
Entretien réalisé le 01/12/2007



