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L'exemple de SOS Disparus
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| Nassera Dutour, Présidente de SOS Disparus |
Le premier bureau SOS Disparus a été ouvert à Alger en septembre 2001. Son objectif principal est d’assister les familles de disparu(e)s dans leurs démarches administratives et juridiques. La première mission du bureau est d’accueillir les familles, de recueillir les témoignages des familles afin de constituer un dossier au nom de chaque disparu. Ensuite, il s’agit d’assister les familles dans le dépôt de plaintes mais aussi de leur faire connaître leurs droits les plus fondamentaux que sont le droit de savoir et le droit à la justice.
A-t-il été difficile de créer cette association ? Quels ont été (ou sont) les obstacles ?
Le CFDA a vu le jour à Paris sous l’impulsion de plusieurs mères de disparus. Dès août 1998, des actions ont été entreprises. L’association a été constituée officiellement en 1999 dans le cadre de la loi 1901. Afin de structurer et d’étendre le réseau, il devenait nécessaire de se constituer en association en Algérie. C’est ainsi que le premier bureau SOS Disparus est ouvert à Alger en septembre 2001. Un autre bureau sera ouvert à Oran et à Relizane à l’ouest du pays en 2004. Plusieurs autres comités ont été structurés dans différentes régions d’Algérie et maintenus grâce au travail de bénévoles. Les obstacles, outre les conditions sécuritaires, ont été nombreux. Nos rassemblements (toujours tenus chaque mercredi devant la CNCPPDH) ont été à maintes reprises dissipés et violemment réprimées. Des membres de familles de disparu(e)s ont été arrêtés, harcelés, malmenés.
Est ce que vous êtes victimes de pressions de la part des autorités ?
Les pressions sont multiples en Algérie. D’une part, le bureau d’Alger est contraint de changer chaque année de local, les propriétaires craignant des représailles, ils refusent de poursuivre le bail. Par ailleurs, nos bureaux sont régulièrement « visités », fouillés et des agents de l’Etat sont régulièrement envoyés pour surveiller et les allers et venues devant notre bureau. Les journalistes ont l’ordre de « boycotter » nos communiqués de presse. De même, toute action entreprise rencontre des obstacles. La campagne contre le referendum pour la Charte pour la paix et la réconciliation nationale a été brutalement stoppée dans son élan. Les familles de disparu(e)s ont été menacées de « disparaître comme leur proche » (coup de tel anonymes, perquisitions,…)
Le séminaire organisé à Alger en février dernier intitulé « pour l’établissement de la vérité, la paix et la conciliation » a été interdit par les autorités. Les personnalités internationales éprouvent de grandes difficultés à obtenir un visa pour venir aux évènements que nous organisons ou visiter nos projets en faveur des familles.
Tout dépend effectivement de la nature des activités de l’association. Officiellement, 7 associations dont le but principal est la défense des droits de l’Homme existent en Algérie. C’est très peu pour un pays qui sort d’un conflit qui a fait plus de 200 000 victimes. Toute association qui oriente ses activités conformément à l’ordre établi à la ligne politique unique du gouvernement algérien pourra exercer ses activités sans difficultés. En revanche, toute association qui agira en dehors du cadre prescrit par les autorités sera infiltrée puis anéantie.
Le principal sujet tabou est la défense des droits de l’Homme.
Selon vous, que faut-il changer en priorité pour améliorer l’exercice de la liberté d’association en Algérie ?
L’administration doit respecter la loi sur les associations et appliquer le régime déclaratif dont dispose la loi de 1991 et abroger certaines clauses de cette loi telles que les dispositions obligeant les associations à avoir l’autorisation préalable du Ministre de l’Intérieur en amont de toute possibilité d’obtenir des fonds provenant de l’étranger.
Avant tout l’état d’urgence maintenu illégalement depuis 1993 doit être abrogé et avec lui les restrictions à la liberté d’association, de réunion et d’expression induites par cette situation.




