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Entretien avec Anouar Kousri (Membre du comité directeur de la LTDH)
Aujourd’hui, on a une dizaine de sections qui sont encerclées par la police 24 heures sur 24, sans aucun motif légal et toute activité est interdite depuis septembre 2005, date á laquelle la justice tunisienne aux ordres du pouvoir, nous a empêché de tenir notre congrès.Pourtant, les militants continuent de louer des locaux, d’accueillir de gens, de les aider et pour eux, le fait de résister, de faire durer, c’est déjà une victoire contre cet encerclement illégal.
Le siège central est lui aussi encerclé et surveillé par la police et seuls les membres du comité directeur peuvent entrer dans le siège. Le courrier n’arrive pas souvent, il est censuré, et l’accès internet est très difficile.
La ligue n’est pas seule dans ce cas… en fait, il y a deux sortes d’associations en Tunisie : Celles qui sont reconnues et aidées, qui sont très peu nombreuses et peu indépendantes. Et puis celles qui ne sont pas reconnues et qui subissent un harcèlement quotidien.
Que faut-il faire pour que l’exercice du droit d’association soit possible en Tunisie?
Le gouvernement doit tout simplement respecter le droit d’association. C’est un élément de base de tout pays démocratique. La loi sur les associations en Tunisie a été votée en 1959 et amendée à plusieurs reprises depuis. Elle instaure un régime déclaratif mais dans les faits c’est un régime d’autorisation totalement liberticide qui laisse au seul gouvernement le droit de vie et de mort sur les associations.
Depuis 15 ans, aucune association indépendante n’a pu voir le jour en Tunisie.
De plus, le 10 décembre 2003, une nouvelle loi sur le terrorisme à été votée et une partie de cette loi empêche de fait tous les financements et en cas d’infraction les peines sont très lourdes.
Malgré cela, les associations continuent de se créer et d’agir dans l’illégalité.
Que réclame la LTDH aujourd’hui ?
Apres le congrès 2002, le comité directeur avait réussi à créer des sections un peu partout dans le pays, nous avons aujourd'hui hui 24 sections régionales qui sont devenues très actives et cela était une première pour notre organisation née en 1977. Le gouvernement veut mettre fin a cet élan.
Le gouvernement pense que depuis septembre 2005 et l’annulation de notre congrès, il a gagné une bataille. Il affirme que la ligue souffre de problèmes internes auxquels il ne veut pas se mêler alors que c’est lui qui tire les ficelles et que la police ne cesse de nous empêcher de fonctionner normalement.
Nous sommes pour le dialogue avec le gouvernement mais le gouvernement ne veut pas dialoguer.
Anouar Kousri est Membre du comité directeur de la Ligue Tunisienne des droits de l'Homme.
Entretien réalisé en décembre 2007



