| Recommendations after the seminar on "Maghreb Women towards Equality" (In French) | Date: 22-01-2008 |
| Author: ATFD | |
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Séminaire maghrébin
« Marche des femmes maghrébines vers l’égalité »
Tunis- 24/25 novembre 2007
PV de l’atelier 3
« Citoyenneté et égalité dans la famille / Droit au logement»
Animatrice : Hédia Jrad
Intervenantes : Sana Ben Achour « l’égalité dans l’héritage » ATFD
Bochra Belhaj Hmida « le logement familial » ATFD
Deux ateliers ont fusionné : Citoyenneté et égalité dans la famille et Droit au logement.
L’égalité dans l’héritage a pris le plus le temps par rapport à la question de l’égalité dans la famille et sur le droit au logement.
La question de l’héritage
Ce qui est ressorti de la première intervention c’est essentiellement pour montrer tout le parcours de l’ATFD/AFTURD depuis la fin 1999/2000. C’était dans l’itinéraire décrit par Sana Ben Achour. L’ATFD a commencé par la pétition ensuite il y a eu élargissement du réseau vers l’AFTURD et même vers d’autres associations de droits humains. L’ensemble de la campagne a été mené par plusieurs associations mais essentiellement par l’ATFD et l’AFTURD.
La question de l’héritage telle qu’elle a été présentée aux participantes de l’atelier a montré qu’il y avait un décalage et des écarts entre la Tunisie qui pose le problème maintenant en dehors de tout tabou et franchement et les autres pays qui en sont encore aux balbutiements ou bien qui n’y sont pas du tout. On s’est mise d’accord pour que chaque pays d’abord profite de l’action et de la réflexion qui a été menée en Tunisie. L’Algérie, le Maroc et la Mauritanie ont besoin et s’engagent comme nous sur la question de l’égalité dans l’héritage et veulent profiter un petit peu de ce que nous avons fait à partir du but qu’elles auront choisi.
Pour la Mauritanie, à partir de comment enlever cette question de tutelle et de tuteur, pour l’Algérie et le Maroc par la sensibilisation.
Il y a eu cet échange qui a été fructueux sur la question de l’héritage et surtout les copines ont demandé d’abord qu’il y ait une communication plus large et une diffusion de tout ce qui a été fait par l’association d’une part et par la réflexion.
En Tunisie par exemple, nous avons beaucoup de penseurs qui ont posé le problème de l’héritage et répondu aux objections de type culturel ou d’un autre ordre ; donc diffuser cette pensé »e et commencer ensemble à l’échelle des quatre pays une campagne à l’instar de ce qui s’est passé pour la campagne pour la levée des réserves. Faire la même chose pour l’héritage de façon à emmener la question sur la scène et voir ensemble quels sont les points communs et comment on peut avancer suivant un calendrier de travail, des workshops qu’on organiserait et qui aboutiraient à revendiquer l’égalité dans l’héritage avec la même force et dans l’union dans les quatre pays.
La question du droit au logement
C’était très intéressant de voir le lien entre le problème de l’inégalité dans l’héritage et la question du logement qui ne semble pas avoir été la préoccupation des féministes jusque là. C’est une question qui n’a pas beaucoup préoccupé les femmes et qui pourtant constitue pour elles un problème majeur et qu’il est tant de mettre là aussi dans l’agenda des luttes des femmes d’autant qu’en Tunisie par exemple, il y a pratiquement silence de la loi sur la question ou une timidité ; très peu d’articles qui évoquent le problème et il y a eu des textes essentiellement, celui qui concerne la garde d’enfant et le logement aux femmes et un autre texte concerne la communauté des biens aux acquêts.
Sur ces deux questions, nous avons eu un échange intéressant dans la mesure où nous avions aussi parmi nous dans l’atelier une conseillère municipale qui nous a donné les problèmes concrets qui se posaient. Nous avons pensé qu’une évaluation de ces réformes après dix ans de leur promulgation serait importante.
Conclusion
Accord général pour continuer à approfondir ce qui a été fait :
- Etablir un réseau, faire un suivi et poser ces deux problèmes aussi bien la question de l’héritage que la question du logement comme revendication et comme thématique très importante à soulever et autour desquelles la réflexion est absolument indispensable aujourd’hui. On ne peut plus faire l’économie de les reculer, se sont deux questions qui doivent se poser avec beaucoup d’urgence.
- Retenir la proposition de la décennie de la loi de la communauté des biens.
- Faire de l’année 2008, l’année des avenants, c’est-à-dire les femmes qui ne se sont pas mariées sous le régime de la communauté des biens, nous allons demander de faire des avenants pour la symbolique pour celles qui se sont mariées avant 1998.
- Pour les tunisiennes, au sujet du projet de réforme de 2007 du « logement de la mère gardienne de l’enfant » (مشروع قانون يتعلق بحماية سكنى الحاضنة) qui n’est pas entrain d’avancer :
- assurer le suivi de ce texte et étudier ce qu’on peut proposer,
- travailler sur le maintien les femmes dans le domicile conjugal , droit qui doit être inscrit à la Conservation foncière
- surtout faire pression pour qu’il soit adopté
PV de l’atelier 4
« Droits sexuels et reproductifs»
Animatrice et rapporteure : Bochra Belhaj Hmida
Intervention : Ahlem Belhaj « les droits sexuels et reproductifs » ATFD
Constat
Suite à l’importante intervention de Ahlem Belhaj qui a montré à quel point, à l’échelle internationale même s’il y a eu des avancées lors de la Conférence du Caire de 1994 et la Conférence de Pékin de 1995 sur la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs pour les femmes comme droits humains, les présentes et présents à l’atelier ont fait le constat qu’il y a eu beaucoup de progrès à l’échelle nationale dans chacun des pays du Maghreb.
On a constaté aussi qu’à l’échelle internationale, il y a eu tentative de régression, de recul qui n’est pas due seulement aux conservateurs traditionnels comme l’Arabie Saoudite mais aussi à d’autres pays comme les Etats-Unis et c’était notamment lors de la réunion de Pékin+5 où tout a été fait pour empêcher toute évolution.
Toutefois, nous constatons que dans les pays du Maghreb et malgré les problèmes qui ont découlé de la politique de limitation de naissance, par la force des choses, les femmes ont eu un certains nombre d’acquis au sujet de leur rapport à la gestion de leur propre procréation et à disposer plus ou moins de leur corps. Cependant, on ne peut pas dire que par là les femmes ont réalisé leurs aspirations à l’épanouissement sexuel, à la maîtrise de leur corps et qu’elles ont échappé au contrôle politique, social et familial.
Les personnes présentes ont constaté aussi que le phénomène du voile est également un indicateur au problème du rapport des femmes à leur corps. La question du voile est présentée par les féministes comme un recul par rapport à tout ce qui se fait pour que les femmes établissent des rapports non contraignants avec leur corps.
Il y a eu un accord pour dire qu’à des degrés différents dans chaque pays la question de la sexualité demeure un sujet tabou. Il s’est posé la question de comment l’aborder dans certains pays. Il a été proposé de la poser comme une question de santé ou de sécurité. Mais, elle reste tabou car on arrive pas encore à la poser comme une question de société. Elle est encore cantonnée dans nos associations et que même dans nos associations elle est restée longtemps absente des débats du mouvement des femmes. Elle revient aujourd’hui, et c’est tant mieux. L’accord sur ce point est de ne plus s’arrêter et de continuer le travail.
Recommandations
PV de l’atelier 6
« Les jeunes»
Animatrices : Wissam Achour et Wafa Fraous
Rapporteures : Houria Kamel (Maroc) et Hiba Benchenafi (Algérie)
Intervention : Raja Dahmeni : « Jeunes étudiantes et les foyers universitaires » ATFD.
Les présentes et présents ont abordé le problème du logement universitaire se basant sur le film documentaire réalisé par le Club jeunes de l’ATFD sur les conditions difficiles de l’hébergement universitaire des étudiantes. Ce court métrage a été projeté en séance plénière.
Recommandations
Compte rendu de l’atelier « Pauvreté, droits économiques et sociaux »
présenté par Malika Remaoun (Algérie) et modéré par Moulkheiry Mint Sidi el Mustapha (Mauritanie)
Dans sa présentation, Malika Remaoun a dressé un constat des effets de la mondialisation sur les femmes du Maghreb :
- les inégalités hommes-femmes se sont accrues, de même que le chômage des femmes
- les différences de salaires, les discriminations dans les recrutements, surtout au niveau des cadres, dans les promotions sont des facteurs qui aggravent ces inégalités
- les femmes sont très nombreuses dans le secteur informel qui correspond au Maghreb à 65% de l’emploi féminin.
Cela engendre une féminisation de la pauvreté et une féminisation de l’émigration.
Le débat a mis l’accès sur l’importance de la question de l’inégalité dans la répartition des richesses, sur l’impact des plans d’ajustement structurels et notamment des restrictions budgétaires et de la privatisation des services publics (santé, éducation tout particulièrement).
L’importance du chômage féminin, le non respect des législations nationales et internationales en matière de travail vienne t se surajouter aux mentalités patriarcales et aux comportements machistes.
L’accent a été mis sur les problèmes posés par le travail informel qui marginalise les femmes, les maintiennent dans l’isolement de l’espace domestique et rend impossible la reconnaissance de leurs droits (retraite, sécurité sociale, assurance maladie) et difficile leur organisation.
Les accords de libre-échange ont un impact sur la précarisation du travail féminin (textile, zones franches, agriculture) et l’exode rural massif qui ne manquera pas d’accompagner l’ouverture du secteur agricole aux marchés internationaux aura de toute évidence des répercussions très dures pour les femmes rurales.
L’approche de la Banque mondiale et des gouvernement s de la région de la question de la pauvreté a été mise en discussion : la pauvreté n’est pas tombée du ciel mais est la conséquence des politiques mises en place par ces mêmes institutions. De même les alternatives proposées (en particulier pour tenter de freiner l’émigration, notamment féminine), « activités génératrices de revenus », micro-projets et micro-crédits relèvent davantage d’une dynamique de survie, maintiennent les femmes dans le secteur informel et relève d’une dynamique survie et non de la recherche d’un développement et de solutions durables. En ce sens, l’expérience de certaines femmes mauritaniennes qui se sont battues pour la légalisation du travail informel, la reconnaissance des droits du travail dans ce secteur et du droit d’organisation a paru très riche et a suscité un débat sur l’importance du travail – rémunéré ou pas - réalisé par les femmes dans l’espace domestique que dans le secteur informel.
Recommandations
1- Pour la valorisation et revalorisation du travail des femmes
2- Pour un accès à des statistiques et études fines sur le niveau de la pauvreté dans la région, et particulièrement sur la façon dont elle affecte les femmes
3- Défense des droits économiques et sociaux :
- droit au travail et respect des droits des travailleuses (conditions de travail, salaires, couverture sociale)
- reconnaissance des droits syndicaux et incitation des femmes à la syndicalisation
- défense, amélioration et extension des services publics
4- La question de la migration des femmes tant à partir des pays du Maghreb que des pays d’Afrique noire n’a pas pu être approfondie et devra être traitée en profondeur lors d’un prochain séminaire.
5- Pour un réseau de femmes maghrébines à même d’établir des relations suivies entre les différentes associations pour :
- partager les expériences et en tirer profit les unes et les autres
- renforcer les capacités de mobilisation et de pression du mouvement des femmes à l’échelle du Maghreb.
PV de l’atelier 1
« les violences à l’égard des femmes »
Présentation par Najat Razi (AMDF / Maroc)
Animatrice : Halima Jouini (ATFD / Tunisie)
Rapporteure : Hayet Ouertani (aTFD/ Tunisie)
Najat Razi a rappelé que le 25 novembre de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Par ce séminaire nous participons à la campagne internationale qui s’étale du 25 novembre jusqu’au 10 décembre de chaque année.
Par la suite elle a présenté une série de définitions des violences : la définition de la Déclaration Internationale des Nations Unies, la définition dans les stratégies de Beijing, la définition de l’OMS et celles des associations féministes.
Elle a interpelé l’assistance à réfléchir :
- aux stratégies d’avenir de lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a insisté sur le fait que le contexte influence régulièrement le travail de terrain des associations.
- aux approches de la question des violences
Le débat s’est plus concentré sur les approches des violences avec un arrêt sur les définitions, les formes de violences et les stratégies.
Il a té fait le constat qu’il existe à l’échelle maghrébine une accumulation des expériences dans ce domaine et existent des nouveautés. Les associations ont dépassé le stade de la sensibilisation du fait de l’intérêt porté aujourd’hui par les gouvernements à cette question. Mais malgré cela, le rôle des associations demeure très important. Les services donnés par les différents centres dans l’accompagnement des femmes demeurent toujours très importants. Il a été recommandé d’être actives dans la transformation des politiques et de demeurer vigilantes vis-à-vis des décisions qui pourraient être prises par les états et ce pour éviter l’instrumentalisation et la marginalisation de notre travail.
Les principales recommandations
- Travailler sur la communication et la formation des écoutantes (mises à niveau)
- Bannir les stéréotypes dans le système éducatif.
- Renforcer l’éventail juridique et procédural.
P.V de l’atelier 5
« Arts & Culture »
Dimanche 25 novembre 2007- Chambre 309- Hôtel Ariha/ Tunis
Animé par Zeyneb Farhat
Rapporteure : Nadia Hakimi
Dix sept participantes - dont un participant - ont animé cet atelier.
Elles ont unanimement applaudi la tenue de cet atelier Arts & culture considérée comme une première dans les séminaires organisés aussi bien par les associations que par les partis politiques.
Les propositions sont ainsi formulées :
Rencontres et ateliers à organiser :
1. organiser un atelier sur le rôle de l’art et de la culture dans la promotion et le développement positif de l’image des femmes.
2. En Mauritanie :
- Organiser un atelier des techniques de cinéma car cette formation est interdite socialement aux mauritaniennes.
- Organiser un atelier des techniques du savoir faire avec une approche moderne de l’artisanat de l’or et de l’argent qui sont les richesses naturelles de la Mauritanie
- Trouver des stratégies pour aider les artistes de musique en Mauritanie à tracer leur statut d’artistes et une représentativité politique et administrative, contrairement aux autres corps de métiers artistiques.
3. Organiser une réflexion sur l’image des femmes dans le cinéma maghrébin et arabe pour tracer une stratégie de campagne à l’échelle maghrébine afin de contrecarrer l’image stéréotypée de « la femme » dans toutes les productions, surtout le cinéma, la pub et la chanson.
Etudes et produits à lancer :
- Réaliser une étude comparative de la législation de droits d’auteur(e)s et droits de voisinage dans les 4 pays du Maghreb et organiser un atelier pour la présenter.
- Réaliser une plaidoyer pour enseigner la matière « Arts et culture » dans les programmes pédagogiques dès le jeune âge au Maghreb.
- Procéder à la collecte des traditions orales et travailler sur le conte traditionnel des femmes maghrébines pour le rendre visible et l’éditer.
- Créer une banque de données culturelles maghrébines.
- Créer un calendrier maghrébin en 2009 des femmes créatrices dans les 4 pays du Maghreb en divisant les 365 jours sur les 4 pays et chaque association par pays présentera une proposition pour son édition.
Diverses propositions
- A titre d’exemple, s’il s’agit de cinéma, inviter une réalisatrice avec la projection de son film suivi d’un débat ;
- ou encore, créer un ballet de 4 chorégraphes des 4 pays maghrébins autour du thème des violences faites aux femmes.
§ Faire un Raid avec la présence des Artistes Femmes Maghrébines dans les grandes manifestations artistiques publiques maghrébines : festivals de théâtre, musique, cinéma, livres etc..., afin d’assurer une plus grande visibilité de la création des femmes Maghrébines, portant bien entendu un discours féministe.
§ Pousser nos associations à prévoir, au même titre que le transport et l’hébergement, le financement d’une rubrique artistique avec présence de l’artiste/créatrice.
§ Faire de l’aide à la production artistique un crédo afin de développer une dynamique de présence de voix féminines dans nos rencontres maghrébines. Par exemple : aider en partie ou en totalité l’impression d’un recueil de poésie, l’acquisition d’une toile, l’enregistrement d’un CD, le lancement d’une collection « écrits de Femmes » etc.
§ Créer un référentiel des luttes des étudiantes des générations 80 afin de le projeter aux jeunes étudiantes et étudiants tunisiens d’aujourd’hui pour qu’ils continuent la lutte au niveau des conditions de vie des étudiants : foyers, transports, restaurants etc. (Comme réaction au film du Club Jeunes de l’ATFD).
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