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| leave Nassera Mehalli's family live in peace (In French) | Date: 25-03-2008 |
| Author: CFDA | |
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Une famille de disparu persécutée
Quand va –t- elle pouvoir vivre en paix ?
L’histoire de Nassera Mehalli et de sa famille est très douloureuse. Nassera Mehalli est l’un des piliers du bureau d’Alger. Elle accueille les familles avec le sourire, sait les écouter et les réconforter.
Derrière Nassera Mehalli c’est l’histoire terrible de toute une famille sur laquelle les autorités algériennes se sont acharnées depuis le début des années 90.
Tout a commencé en 1992 lorsque l’oncle Cherif Mehalli, greffier au tribunal d’Alger, menacé par les islamistes de mort s’il ne démissionnait pas de son poste, est convoqué par la police, interrogé et torturé. Menacé de tous côtés, il quitte le domicile familial. Ne trouvant plus Cherif, les autorités décident de s’en prendre au reste de la famille. Le fils aîné Bedrane, harcelé par la police, quitte le domicile à son tour en 1994 sans plus donner de nouvelles à ses parents. En juillet 1996, le petit frère Atik de 16 ans tombe sous les balles de la police qui faisait régner la terreur dans le quartier. Atik est avec ses amis ce jour là et comme toujours, ils prennent la fuite lorsque la camionnette de police s’approche. Atik venait de se faire opérer du bassin. En courant, il se tient la hanche droite et d’après les témoins du drame, les policiers ont cru qu’il camouflait une arme et lui tirent dessus. Atik est mort sur le coup et ce crime reste impuni.
Puis vint le tour du père de Nassera, Mohamed Mehalli. Après avoir été à maintes reprises arrêté sans raisons, maltraité, emprisonné puis relâché, Mohamed Mehalli, sort pour faire son marché et est arrêté sur la route le 29 juin 1998. La famille attend le retour du père pour le déjeuner mais c’est la police qui se présente à elle et embarque Nassera, sa mère et sa sœur. Emmenées à la caserne de Château Neuf, elles y retrouvent leur père en salle de torture. Séquestrées et torturées pendant huit jours, traumatisées à vie, elles laissent Mohamed derrière elles dans un état grave mais vivant et attendent sa libération. Il ne sera jamais libéré et reste disparu à ce jour. Malgré les plaintes et recherches incessantes, Nassera n’a jamais pu obtenir aucune information sur son sort.
Ces épisodes terribles pour cette famille décimée sont cependant sans fin. Abderrahmane Mehalli, son autre frère est arrêté en 1997 alors qu’il a 20 ans et est emprisonné pour ne pas savoir où se trouve son frère Bedrane. Il recouvre la liberté en mars 2002. Après quelques années de répit, il est de nouveau arrêté par la police en décembre 2006. Disparu pendant plusieurs semaines, torturé et contraint d’avouer sous la menace qu’il était entré en contact avec des groupes terroristes armés, il demeure aujourd’hui incarcéré à la prison de Serkadji depuis 14 mois sans avoir été jugé.
A leur grand désespoir, la police n’a pas l’intention de laisser la famille Mehalli se reconstruire. Le 12 janvier 2008, c’est le petit neveu de 14 ans qui est arrêté par les policiers et interrogé pendant 3 heures sur les activités de son oncle Abderrahmane alors entre les mains de la justice.
Mardi 11 mars, les persécutions recommencent ! Leur domicile familial est perquisitionné. Les policiers du commissariat de Oued Ouchaieh en uniforme arrivent à bord de 3 véhicules de marque Nissan. Ils tambourinent à la porte de la maison où se trouve seule une cousine de la famille venue en visite. Elle ouvre apeurée, les policiers l’écartent violemment de leur passage pour se diriger vers l’armoire, vider tout ce qu’il y avait dedans et ensuite perquisitionner le domicile de fond en comble. Avant de quitter le domicile, un policier lui dit : « je te donne un conseil, tu ferais bien de rentrer chez toi et de ne pas passer la nuit ici ! ». A aucun moment, ils n’expriment le motif de cette perquisition ni exhibent de mandat. En partant, ils lancent « tu diras à la vieille de venir nous voir ! » en faisant référence à Madame Fatma Mehalli, la mère de Nassera. Dès qu’elle l’apprend, Madame Mehalli se rend au commissariat où les agents l’avisent que c’est au sujet des démarches qu’elle a entreprises pour son fils Bedrane, pour qu’une enquête soit menée aux fins de savoir s’il est mort ou vivant. Les policiers l’informent que leur enquête n’a pas permis de connaître le sort de Bedrane et qu’elle doit à présent se tourner vers les services de gendarmerie.
Il n’y a aucun lien entre le motif invoqué et la perquisition. D’où la question qu’on peut légitimement se poser: les agents de police ont-ils pénétré le domicile familial, en toute impunité, tout simplement pour terroriser la famille ?
Le CFDA et SOS Disparus exhortent les autorités algériennes :
- à cesser tout harcèlement envers la famille Mehalli ;
- à faire la vérité sur le sort de Mohamed Mehalli disparu depuis juin 1998 ;
- à libérer Abderrahmane Mehalli ou à le juger dans les plus brefs délais dans le respect de son droit à un procès équitable ;
- à offrir à tous les membres de la famille une réparation pleine et entière pour les préjudices subis.
Alger, le 19 mars 2008
P/le CFDA
Nassera Dutour
Porte-parole
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